L’école ne devrait pas être un endroit où l’on met les enfants pour ne pas les avoir dans les jambes. L’école ne devrait pas être un endroit où les enfants sont jugés responsables des défaillances du système éducatif. Elle ne devrait pas être ce qu’elle est trop souvent, un lieu où l’on gave les enfants de connaissances théoriques et abstraites pour obtenir des diplômes sans rapport avec les besoins réels de la société.

 

« Si les enfants représentent 20% de notre population, ils représentent 100% de notre futur, » explique Prince Ea dans sa vidéo qui condamne le système éducatif.

 

Comment se fait-il que le monde de l’entreprise change, les banques, les assurances, les soins médicaux, comment se fait-il qu’alors que les technologies évoluent, l’école, elle, n’évolue pas ? Alors, voici mon rêve.

 


Une école qui appartient aux enfants


Avant d’être un endroit où l’on enseigne des connaissances, l’école devrait être un endroit où l’on découvre des valeurs. L’écoute, le respect, la valeur de la collaboration. Et cela commence par donner un espace où les enfants se sentent chez eux. Ils devraient pouvoir choisir la disposition des tables et des chaises et non se voir imposer cet ordre en rang, avec une place attitrée, une case dans laquelle entrer. Cela devrait être un espace modulable à loisir, pour pouvoir échanger, dialoguer librement et s’exprimer.

 

Ils devraient aussi choisir ce qui se trouve sur les murs, les livres de la bibliothèque et même, participer à l’ordre et à la propreté de la classe. C’est le meilleur moyen de s’approprier un espace. Apprendre à faire le ménage, à s’habiller, à lire, écrire et compter, c’est ce que Céline Alvarez, auteur des « Lois naturelles de l’enfant », faisait dans sa classe. Et c’est la première grande claque que j’ai prise en m’intéressant de plus près à l’éducation.

 

« Si l’on ne fait que soutenir leurs élans et leur motivation intérieure, ils vont beaucoup plus loin que ce que nous, nous aurions osé leur demander, explique Céline Alvarez. »

 

Et pour preuve : des enfants qui apprennent à lire à 3 ans ou 4 ans, à faire des multiplications à 4 chiffres par passion…Et surtout, des enfants qui apprennent l’autonomie. Plutôt que de se voir imposer une matière, ils devraient pouvoir choisir ce qu’ils ont envie d’étudier. L’instituteur aurait plus un rôle de superviseur. Plutôt que d’insister sur le fait que l’enfant doive l’écouter, c’est à lui d’écouter l’enfant. Cela suppose une autre conception de l’enfant.

 


L’enfant est une personne !


L’enseignant devrait avoir comme rôle d’encourager l’enfant dans ses choix, dans ces goûts. La société de l’information a besoin d’esprits indépendants, d’innovateurs, voire d’intelligences rebelles. Arrêtons d’essayer de façonner des générations de moutons. Une nouvelle recherche révèle que les enfants qui « répondent » à leurs parents deviendront des adultes accomplis.

 

« Les enfants méritent d’être traités comme des êtres indépendants avec leurs propres pensées, sentiments et idées. »

 

En fait, une idée maîtresse de l’école dont je rêve est cet endroit où l’enfant est considéré comme un égal, non pas comme un adulte accompli bien sûr, mais comme un être doué de raison, qui sait très souvent beaucoup mieux ce qui est bon pour lui. Laisser l’enfant être co-acteur de son apprentissage, lui apprendre à se faire confiance. La deuxième claque est venue du témoignage de Ramïn Faranghi, pour le TEDx. Il raconte pourquoi il a créé une école où les enfants font ce qu’ils veulent.

 

Le postulat de cette école, c’est que « les enfants sont aussi des personnes ! Ils ne sont pas la propriété de leurs parents, ce ne sont pas les élèves d’un professeur, ce sont comme vous et moi des membres indépendants de la société démocratique. » Un apprentissage qui se fait à travers une infinité d’interactions subtiles avec l’environnement : pour ceux qui ont un enfant et qui l’observe grandir, c’est exactement comme cela que ça se passe. C’est comme cela que l’enfant apprend à marcher, à parler, à manier les objets autour de lui. Vous n’avez jamais vu aucun parent utiliser un manuel pour apprendre à leur enfant à marcher.






Une école sans devoir et sans examen


Alors on s’interroge. A quel moment a-t-on fait fausse route ? Aux moments où l’on a confié la conception des programmes scolaires à des « autorités », des « spécialistes », dans gens qui avaient un titre sans la compétence qui va avec. Il faut donc tout reprendre à 0. Faire l’inverse de ce que l’on fait actuellement et on sera plus près de la vérité. C’est notamment la démarche de la classe inversée, l’apprentissage réinventé. La théorie est étudiée à la maison à travers un manuel, des modules vidéo ou encore des lectures recommandées par le professeur ; les devoirs sont faits en classe avec l’enseignant ! C’est bien le monde à l’envers. La méthode connaît un succès à la hauteur des résultats qu’elle obtient.

 

Abandonner les devoirs et les examens, voilà la clé. Changer le climat anxiogène du système scolaire ; créer un environnement agréable, sûr, où l’enfant n’a pas peur d’être sanctionné parce qu’il ne sait pas.

 

« Quand on regarde la synthèse de tout ce que nous disent les sciences du développement humain, […] l’être humain apprend en étant actif, motivé, aimé. Il n’apprend pas lorsqu’il est passif, lorsqu’il n’est pas motivé et lorsqu’il est stressé, martèle Céline Alvarez. »

 

Personnellement, je pense que le système des notes et des classements scolaires a été inventé par un sadique. Quelqu’un qui déteste les enfants. Barbe Bleue, Voldemort, ou Hitler. Forcément un de ces trois-là. Pour finir, je ne résiste pas à mettre le lien de la vidéo de Prince Ea.

 

 

Pour finir, j’irai dans le sens de Ramïn Faranghi qui prône la liberté d’instruction. « Diversifier au maximum les approches, pour épanouir le potentiel d’une large diversité d’individus. » Chaque être humain est unique. Comment pouvons-nous encore nous obstiner à les faire rentrer dans le moule de l’Education Nationale ? Le rêve que je fais pour l’école de demain est dans cette pluralité et cette diversité de pédagogies nouvelles.

 

À découvrir : Parlez-vous e-learning ? Comment le langage académique tue la pédagogie.

 

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